Recommandations
Introduction
Les normes suivantes sont généralement reconnues comme étant des normes minimales d’opération pour des activités de parachutisme. Bien qu’elles ne soient pas considérées comme étant des normes minimales absolues, tel que les RGS, il ne devrait y avoir aucune divergence à ces normes sans avoir consulté au préalable les comités techniques et pédagogiques de l’ACPS et avoir obtenu leurs approbations écrites.
Certaines dispenses à ces recommandations peuvent nécessiter l’ajout de conditions additionnelles pour que les dispenses demandées ne compromettent pas la sécurité.
RECOMMANDATIONS POUR TOUS
3.1 ESPACEMENTS SUR LE CENTRE DE PARACHUTISME
Pour les opérations régulières de parachutisme, les aires d’atterrissage devront respecter les normes minimales suivantes, dans toutes les directions, quant aux distances entre la cible et l’obstacle le plus proche :
- élève, certificat Solo, brevet A et B : 100 m (325 pieds)
- brevet C et D : 25 m ( 80 pieds)
Les obstacles sont définis comme étant :
- les lignes de transmission électrique
- les cours d’eau ouverts
- les barrières et clôtures de 2,5 m ou plus de hauteur
- les tours de transmission ou de remontées mécaniques pour le ski
- les routes fréquentées
- les arbres de hauteur supérieure au parachute et les grands boisés.
3.2 VENTS
La vitesse maximum du vent à hauteur de la voilure à laquelle les sauts peuvent être effectués :
- Élèves :…………………..15 m/h ( 7m/s )
- Solo, brevet A et B ….18 m/h ( 9m/s )
- Brevet C et D :…………..25 m/h ( 11m/s )
- Saut de nuit et à l’eau :...10 m/h ( 5m/s )
- Saut de démonstration :..18 m/h ( 9m/s )
- Saut en tandem : ……….25 m/h ( 11 m/s)
3.3 MESURE DE LA DÉRIVE DU VENT
Afin d’évaluer la vitesse et la direction du vent, un indicateur de dérive du vent devra être largué ou un virage au taux un (1) devra être effectué:
- au début de chaque journée de sauts
- si un changement significatif se produit dans la direction ou la vitesse du vent
- si plus de 90 minutes entre les envolées
- avant tout saut de démonstration.
3.4 INSTRUMENTS
Pour les sauts avec chute libre de plus de 10 secondes, tout parachutiste devra porter au moins un instrument fonctionnel et sûr, capable de déterminer avec précision l’altitude ANS.
3.5 CHAUSSURES
Aucun parachutiste n’effectuera un saut sans porter des chaussures convenables.
3.6 PILOTE D’AÉRONEF POUR PARACHUTISTES
Tout pilote aux commandes d’un aéronef utilisé pour effectuer des sauts en parachute devra porter un parachute d’urgence certifié et compatible avec le type d’aéronef utilisé.
3.7 INSTRUCTEUR TANDEM
Quand un instructeur tandem et son passager se trouvent à bord d’un avion, aucun sauteur ne doit sortir de l’avion à une altitude inférieure à 1220 m (4000’), sauf en cas d’urgence.
Les passagers en tandem doivent être attachés à l’instructeur avant l’ouverture de la porte.
RECOMMANDATIONS POUR ÉLÈVES
3.8 SAUTS AU CRÉPUSCULE
Lorsque des sauts se tiendront à la tombée du jour, les élèves ne pourront y participer que si la descente en parachute et l’atterrissage aient lieu avant le coucher complet du soleil.
3.9 PORT DU CASQUE POUR INSTRUCTEURS ET ENTRAÎNEURS
Tous les entraîneurs et les instructeurs dans l’exercice de leurs fonctions devront porter un casque capable d’absorber des coups pendant toute la durée de la chute libre et de la descente en parachute.
3.10 MÉTHODES DE LARGAGE
Il y a deux méthodes de largage autorisées pour les élèves qui n’auront pas atteint le stade de la chute libre (voir manuel de l’IA pour les procédures techniques).
- Déploiement assisté par instructeur (DAI)
- Sangle d’ouverture automatique (SOA).
3.11 ENTRAÎNEMENT POUR LA CHUTE LIBRE
a) Avant de pouvoir accéder à la chute libre, suite à un entraînement en DAI ou SOA, l’élève devra démontrer son habileté en effectuant au moins deux sauts en contrôle avec poignée témoin.
b) Avant de pouvoir faire une chute libre solo, un élève issu du programme PAC ou tandem (AFF) devra avoir démontré au moins deux ouvertures contrôlées avec poignée témoin.
c) Les élèves devront faire leur premier saut en chute libre au cours de la même journée que le dernier saut d’entraînement (programme DAI, SOA ou PAC).
3.12 COMPÉTENCE / CONSTANCE
Un élève qui n’aura effectué aucun saut dans les 60 derniers jours devra faire un saut de vérification avec instructeur avant de retourner à la chute libre solo.
3.13 SUPERVISION DES ÉLÈVES – CONTRÔLE AU SOL
Un Instructeur A ou un Instructeur Radio devra être disponible près de l’aire d’atterrissage où l’on s’attend à voir atterrir des élèves afin de pouvoir les aider à diriger leur voilure et ce à partir de moyens de signalisation reconnus :
- radio
- flèches
- système de points de repère désignés
- palettes tenues à bout de bras
L’élève est préparé avec l’équipement approprié et est entraîné à répondre à 2 méthodes de contrôle reconnues dont une est la radio. L’élève n’aura plus besoin d’être dirigé lorsque l’instructeur le jugera prêt.
3.14 PROGRESSION DE L’ÉLÈVE
Tous les élèves doivent suivre (et les entraîneurs/instructeurs doivent utiliser) le modèle de progression de la Grille des habiletés de l’ACPS.
3.15 PLIAGE DES PARACHUTES POUR ÉLÈVES
Les parachutes principaux utilisés par les sauteurs sans brevet doivent être repliés par un détenteur de l’annotation « Pliage » ou une personne directement supervisée par un entraîneur 1 ou un gréeur de l’ACPS/FAA. Les plieurs des parachutes destinés aux élèves doivent avoir suivi la formation et reçu l’annotation (voir MIP 2B sect. 7) selon le système spécifique utilisé.
RECOMMANDATIONS POUR PARACHUTISTES EXPÉRIMENTÉS
3.16 PRATIQUE DE LIBÉRATION INTENTIONNELLE
Les membres de l’ACPS peuvent effectuer des exercices de libération de voilure en autant qu’ils détiennent au minimum un certificat Solo et qu’ils aient reçu l’annotation pour les libérations de voilure. Un deuxième parachute de secours sans extracteur doit être porté sur le même harnais, (un système de parachute tertiaire avec des modifications faites de résille si on est équipé d’un parachute de secours à cellules) doit être utilisé sur le même harnais auquel on aura installé correctement un système d’anneaux en « D » sur les sangles bretelles (main lift web). La procédure de déploiement manuel devra avoir été pratiquée. Adressez-vous à un Instructeur B pour la formation nécessaire.
La libération du parachute principal doit s’effectuer à 900 mètres (3000’) ANS ou plus haut, en tenant compte des autres parachutes et des obstacles au sol. Le pilote de l’avion de sauts doit être avisé si la manoeuvre est pratiquée à une altitude plus élevée.
3.17 SAUTS À L’EAU
Les parachutistes possédant l’annotation « sauts à l’eau » et un brevet A devront vérifier les procédures recommandées dans le MIP 2B avant d’effectuer un saut à l’eau. En plus de l’équipement habituel stipulé dans les REC et les RGS, les participants doivent être capables de nager, porter des espadrilles, être muni d’un dispositif de flottaison et avoir un équipement conçu pour se libérer du harnais facilement.
Tous les participants à leur premier saut à l’eau devront être supervisés, peu importe leur niveau de brevet.
3.18 SAUTS DE NUIT
En plus d’avoir l’annotation « sauts de nuit » et un brevet A, les participants devront vérifier les procédures recommandées dans le MIP 2B avant de prendre part à une telle activité. Les sauts de nuit sont effectués en portant une lumière constante ou intermittente, visible sur 360°. Tous les instruments seront éclairés avec une lumière continue. Les sauteurs doivent avoir de bonnes aptitudes pour le contrôle de la voilure et les atterrissages debout avant de participer à des sauts de nuit.
Tous les participants à leur premier saut de nuit devront être supervisés, peu importe leur niveau de brevet.
3.19 VOL RELATIF (VR) EN GROUPE
La chute libre en groupe comprend toute activité de parachutisme, effectuée en chute libre, où deux participants ou plus se retrouvent à proximité et/ou en interaction, de quelque manière que ce soit. Cela inclut les formations en groupe, les sauts en chute assise, le vol relatif vertical (VRV), le freefly et le freestyle,
Les participants à l’une des activités précédentes doivent détenir un brevet B et avoir démontré leurs aptitudes pratiques et leurs connaissances techniques selon le modèle établi pour cette annotation dans le MIP 2B.
Un détenteur de brevet A peut participer à des sauts en duo avec un détenteur de brevet B expérimenté dans cette discipline (minimum 100 sauts et approbation d’un E2) avec une activation minimale à 2200’
Un détenteur de certificat Solo peut participer à des sauts en duo avec un E2 dans le seul but d’obtenir l’endossement de VR2 tel que décrit dans le MIP 2B.
L’altitude minimale de séparation pour tous les participants à un vol relatif est de 3500 pieds ANS. En freefly elle est de 4000 pieds ANS, parce que la vitesse de chute libre est supérieure lors de l’exécution de ces manoeuvres. Après l’obtention du brevet B, c’est la responsabilité de chaque participant, prenant part à toute activité au sein d’une formation en chute libre de se faire conseiller sur les pratiques sécuritaires spécifiques, les exigences relatives à l’équipement et de recueillir l’information pertinente à la discipline.
Les participants à un VR en groupe la nuit doivent être titulaires d’un brevet C, de l’endossement de sauts de nuit et être parfaitement à l’aise dans cette discipline le jour.
3.20 FORMATION SOUS VOILURE (FSV)
Les participants doivent avoir un brevet B de l’ACPS, démontrer leur compétence avec une voilure à cellules et respecter les règles de sécurité suivantes :
- si l’arrimage n’a pas eu lieu avant 600 m (2000’) ANS, abandonner toute tentative.
- l’altitude de séparation minimale pour la formation est de 300 m (1000’) ANS, à moins d'avoir l’intention d’atterrir en formation.
Les débutants dans cette discipline devront faire de 5 à 10 sauts de familiarisation avec un Instructeur A ayant une expérience raisonnable de formation sous voilure, soit :
- 10 sauts en pile (stack) à quatre réussis
- capacité d’effectuer un « side by side » et un « downplane » de façon sécuritaire.
3.21 PILOTAGE DE VOILURE
Reconnue en 2003 comme une discipline de la Commission Internationale de Parachutisme (CIP), le pilotage de voilure est une nouvelle facette passionnante du sport mais qui comporte un risque de blessures sérieuses pour les débutants. Un parachutiste débutant dans cette discipline devrait avoir au moins 500 atterrissages à hautes performances dont les 100 derniers dans les 12 mois précédant la compétition.
3.22 SAUTS AVEC PLANCHE (SKYSURFING)
Tout participant à cette activité doit détenir un brevet C et être conscient des dangers que représente l’utilisation d’équipements qui peut aller au-delà de leur niveau d’expérience. Les différents formats des planches peuvent affecter considérablement la stabilité aérodynamique en chute libre.
Idéalement, les sauts avec planche devront se faire à partir d’un avion muni d’une grande porte de largage. Les sauts faits à partir de petits avions (ex. Cessna), devront avoir été soigneusement planifiés avec le pilote et les autres parachutistes de l’envolée. Des précautions supplémentaires devront être prises lors de la sortie de l’avion pour éviter le déclenchement prématuré de la planche.
3.23 SAUTS AVEC CAMÉRA
Afin de pratiquer cette activité en toute sécurité, les parachutistes possédant au moins un brevet B et une expérience suffisante dans la discipline à laquelle ils désirent participer en tant que caméramans devraient prendre conseil auprès de caméramans expérimentés en chute libre quant au type d’équipement à utiliser. Ils doivent utiliser au minimum un altimètre sonore fonctionnel ainsi qu’un Dispositif de Déclenchement Automatique (DDA).
3.24 SAUTS AVEC COMBINAISON AILÉE (WING SUIT)
Les sauteurs d’expérience possédant au moins un brevet C peuvent recevoir de l’entraînement d’un sauteur expérimenté dans ce domaine. La formation doit traiter du choix de l’équipement, de la façon de préparer et de porter la combinaison, du briefing du pilote, de la sortie d’avion, du maintien du cap, des techniques fondamentales de vol, des procédures d’ouverture et d’urgence.
3.25 SAUTS DE DÉMONSTRATION
Les participants devront :
- posséder un Certificat de Saut de Démonstration (CSD) valide
- utiliser une voilure principale et de secours à cellules
- utiliser une voilure principale avec la même charge alaire et caractéristiques de performance que celle utilisée lors de la qualification pour l’obtention du CSD.
Dans le but d’assurer la sécurité des parachutistes et spectateurs, il est fortement recommandé de redoubler de prudence lors de l’utilisation d’une voilure à charge alaire élevée (dépassant le ratio 1lb/pi²) lors de sauts de démonstration. Les organisateurs de sauts de démonstration doivent s’assurer que le terrain choisi est suffisamment grand, sans obstacle et possède un terrain d’atterrissage convenant aux types de voilures utilisées. Les petites voilures principales ayant une charge alaire élevée et des caractéristiques de vol les rendant plus rapides ne doivent pas être utilisées pour des sauts de démonstration sur de petits terrains d’atterrissage (moins de 50 m de rayon) ou sur des terrains comprenant des obstacles.
3.26 SAUTS À HAUTE ALTITUDE
Utilisation optionnelle d’oxygène dans l’aéronef :
Aucun saut ne se fera d’un avion qui a volé plus de 30 minutes entre 10000’ et 13000 pieds ANM à moins qu’il n’y ait à bord un système fournissant de l’oxygène pour la durée du vol au-dessus de 10000 pieds. Il devra y avoir au minimum un masque et s’il y a plus de 10 sauteurs, il devra y avoir un masque supplémentaire pour chaque groupe de 10 sauteurs.
Utilisation obligatoire d’oxygène dans l’aéronef:
Aucun saut ne sera effectué d’une altitude supérieure à 13000 pieds ANM à moins qu’il n’y ait à bord un système qui fournisse de l’oxygène en quantité suffisante pour chaque sauteur pour la durée du vol au-dessus de 13000’ ANM. Il devra y avoir un masque par personne à bord.
Oxygène pour la descente (VR ou FSV) :
Aucune sortie ne sera faite au-dessus de 15000 pieds ANM pour une descente sous voilure ou de 20000 pieds ANM pour une chute libre à moins que chaque sauteur ne porte une bouteille et un masque à oxygène approuvés à cette fin.
Exigences d’entraînement supplémentaires :
Il est recommandé que les parachutistes qui feront des sauts à une altitude supérieure à 20000 pieds ANM aient suivi une session sur l'entraînement physiologique en vol dans les 24 derniers mois. Tous les participants impliqués dans les activités de parachutisme au-dessus de 20000 pieds ANM devraient avoir suivi une session d’entraînement physiologique en vol au cours des 24 mois précédents. Tous les participants impliqués dans les activités de parachutisme au-dessus de 20000 pieds ANM devraient être équipés d’un Dispositif de Déclenchement Automatique fonctionnel.
3.27 SAUTS DE CASCADE
L’ACPS ne considère pas les sauts de cascade exécutés pour des médias ou le spectacle comme faisant partie du parachutisme sportif. L’association ne désapprouve ni n’encourage la tenue de tels types de sauts.
Les parachutistes sportifs qui désirent participer à des sauts de cascade sont fortement priés de suivre les REC et RGS de l’ACPS et doivent également prévoir du temps et de l’altitude supplémentaire lors de l’exécution de sauts où des costumes ou autres accessoires peuvent nuire au bon fonctionnement des équipements de secours ou obstruer la vision pour l’opération sécuritaire de tous les composants. Les accessoires ou modifications de l’équipement ne doivent en aucun cas nuire ou retarder la séquence de déploiement de l’équipement de secours.
Puisque l’ACPS ne réglemente pas l’exécution de sauts de cascade ou de « BASE », les participants doivent être avertis que plusieurs autres organismes essaieront de le faire, à savoir : la Commission de la Santé et de la Sécurité du Travail au Québec (CSST), Transports Canada, NAVCAN, les syndicats, guildes et diverses agences d’application des lois.


