Pourquoi se joindre à l'ACPS?

Pourquoi se joindre à l'ACPS?

Qu’est-ce que ça me donne, l’ACPS ?

Écrit par Michelle Matte-Stotyn

Traduit par André Lemaire    révisé par Serge Dufour

Réimpression en ligne de CanPar Janvier - Mars 2016

Je pense vraiment que la plupart des sauteurs, à une certaine étape de leur vie de parachutiste, se pose la question. Ce fut mon cas il y a 7 ans alors que je devins membre de cette association comme parachutiste débutant. Pourquoi faire partie d’une association ? Une réponse facile est que mon centre de parachutisme l’exigeait. Je dirais que c’est le cas de la majorité des sauteurs de l’ACPS. Plusieurs années plus tard, beaucoup ignorent ce que l’ACPS fait malgré le fait qu’ils continuent à payer leur frais d’adhésion, condition pour pouvoir sauter. Gagnant en âge et bien placée pour connaître le budget de l’association, je me demande où vont mes 89$. En fait qu’est-ce que je reçois pour chacun de mes dollars ?

Depuis que je me pose cette question, je suis devenue employée au bureau de l’ACPS, cela fait presque trois ans et bénévole depuis cinq ans. Je suis encore surprise de toutes les fois où je me pose cette question gênante. Peut-être est-ce parce que j’ai fait des gros efforts pour faire partie de l’association et comprend où va mon argent, que je suis encore surprise. Il semble que je sois dans la minorité des parachutistes de l’ACPS, soit 1.5% qui y œuvrent bénévolement. Vous avez bien lu, sur 3500 membres au Canada, seulement 50 d’entre eux se portent bénévoles en offrant leur temps (certains diraient leur vie) à la gestion de l’ACPS. De plus, ces derniers développent des programmes et prennent des initiatives qui résultent en ce que l’association peut offrir. Je veux ici redire que seulement deux personnes travaillent pour l’ACPS soit Judy et moi-même. Donc tout ce que je vais raconter est le travail des bénévoles, le 1.5% des membres cité plus haut. Si vous étiez témoins de la charge de travail des directeurs, des présidents et membres de comité, vous en seriez époustouflés.Car chacun d’eux a une profession, doit prendre soin d’une famille et a d’autres responsabilités en plus que de travailler gratuitement pour l’ACPS.

Pour revenir au propos initial de cet article…l’ACPS, « ko c’a donne » ?

Pour commencer, vous devez comprendre pourquoi l’ACPS existe. En bref, cette association est une organisation d’athlètes amateurs, ce qui veut dire que nous faisons partie de l’Organisation Nationale du Sport (ONS) pour le parachutisme au Canada. Nous sommes l’équivalent de Hockey Canada, de Natation Canada…etc mais pour le parachutisme. Cela représente une responsabilité énorme pour deux salariées et une poignée de bénévoles. Par l’entremise de l’Aéroclub du Canada, nous sommes les représentants auprès de la Commission Internationale de Parachutisme (CIP) qui est une branche de la Fédération Aéronautique Internationale (FAI).

Quelle est donc notre mission auprès de l’ONS et de la FAI en tant que représentants ? Nous sommes responsables de la sélection des athlètes canadiens du plus haut calibre qui représenteront le pays comme membres de l’équipe nationale.  Nous sommes aussi responsables du développement des programmes d’entraînement de ces athlètes de haut niveau. Ces programmes sont reconnus par le gouvernement fédéral à travers Sport Canada. Cela sans mentionner la sécurité, l’entraînement et les programmes de développement pour les débutants en parachutisme afin qu’ils puissent éventuellement obtenir leurs brevets, leur qualification d’entraîneur, d’instructeur, de gréeurs et de chargé de cours.

CanPara. Ce superbe magazine que vous tenez en main. Probablement, une des choses favorites pour la plupart des parachutistes de l’ACPS, ce magazine représente la facette la plus tangible de l’utilisation de votre argent. En effet, une partie de cet argent est utilisée pour créer ce magazine, l’imprimer et le faire livrer dans vos boîtes postales cinq fois par années. Si vous voulez voir votre photo ou celle de ce saut fantastique illustré dans ce magazine lu par 3500 parachutistes, vous savez quoi faire. En conséquence, envoyez-nous vos textes et photos, car nous ne pouvons publier de beau magazine sans eux.

Imaginez maintenant ce qui peut se passer si lors d’un de ces sauts, vous devez libérer votre voilure et atterrissez hors centre ? Vous faites peur aux vaches en atterrissant et celles-ci partent à courir et abîment la clôture. Ou pire, vous atterrissez sur de l’équipement de ferme. Qui va payer pour ça ? Tout simplement votre cotisation. Une importante portion de votre argent va à cette police d’assurance de 3 millions de dollars qui va servir à vous couvrir dans un cas de responsabilité civile lors de la pratique du parachutisme. En revanche, beaucoup d’autres associations offrent beaucoup moins de couverture et prévoient moins de cas à couvrir. Dans ce dernier cas, cet équipement de ferme que vous avez frappé coûte vraisemblablement plus que le montant de leur couverture. En fin de compte, 89$ par année pour une paix d’esprit au Canada et partout au monde en plus d’un magazine plein de couleurs, me semble être une bonne affaire.

Vous blessez quelqu’un lors d’un de ces sauts et cette personne intente une poursuite en justice contre vous. Votre contribution de 89$ vous permet aussi, pour autant que les conditions soient remplies, d’avoir accès à un fonds d’assistance légale pouvant aller jusqu’à 10 000$. On l’appelle notre Fonds de Défense, si bien que, à moins d’être vous-même avocat, ça peut vous aider à faire un bon bout de chemin.

Et y a t-il d’autres choses par surcroît ? Vous vous rappelez tous ces formulaires que vous avez dû remplir, et ces examens que vous avez rédigés, toutes ces lettres d’alphabet écrites sur votre carte de membre. Eh bien ces lettres ont bien d’autres pouvoirs. Ces qualifications écrites sur votre carte sont considérées comme des certificats de compétence (les brevets) qui prouvent que vous avez les habiletés correspondantes à ce que ces lettres indiquent. Ces qualifications sont reconnues par la FAI ce qui veut dire que vous pouvez voyager partout dans le monde et, le personnel qualifié, pourra reconnaître la signification de ces lettres. C’est que, une partie de l’argent déboursé pour votre carte de membre de l’ACPS contribue à payer l’affiliation de l’ACPS à l’Aéroclub du Canada, qui fait que nous sommes aussi affiliés à la FAI. La FAI en retour accepte les qualifications octroyées par l’ACPS  comme valides et officiellement reconnues. Sans vous joindre à l’ACPS, vous ne seriez pas capables d’avoir une telle reconnaissance.

N’oublions pas le verso de la carte d’adhésion. Ce sont vos qualifications en toutes lettres. Ces lettres vous permettent d’entraîner et d’instruire les élèves, les débutants et les gens plus expérimentés en parachutisme. Mais qui développe tous ces programmes et qui vous décernent ces lettres additionnelles ? C’est le travail de l’ACPS ou plus spécifiquement, le comité de travail sur l’entraînement. Nous venons de parler de 0.25% du 1.5% que nous avons déjà mentionné. N’oublions pas les chargés de cours qui passent des années à accumuler de l’expérience et à produire des programmes servant à inculquer la pédagogie de l’enseignement des disciplines du parachutisme aux autres. Compliqué ! En fait ça l’est. Non pas seulement cela mais aussi que certains entraînements sont homologués par l’Association Canadiennes des Entraîneurs (ACE) par l’intermédiaire de son Programme National de Certification des Entraîneurs. Ce Programme est reconnu partout au Canada dans tous les sports. Si vous suivez un module de sports multiples par exemple, la natation, le hockey, le ski…etc, vous obtenez la même chose en parachutisme. L’ACPS fait ainsi partie du portrait global et le plus beau, c’est que sans votre cotisation, rien de cela n’est possible.

Plusieurs d’entre vous ont pu aspirer à obtenir quelques lettres de plus à l’endos de leur carte. La qualification « G » est reliée au programme de formation des gréeurs de l’ACPS. Le comité de Technique et Sécurité est outillé pour gérer la formation des gréeurs au Canada et pour tout ce qui est relié à la sécurité. Quelque chose de nouveau va apparaître cette année et qui consiste en un Système de Gestion de la Sécurité (SGS). Rappelez-vous ce saut qui se solda par des problèmes et du rapport Accident, Incident, Défaillance  (AID) que vous avez rempli.  Eh bien, le SGS est un document qui ressemble à ceux des rapports AID que nous avons reçus et fait des recommandations pour s’assurer que les problèmes ne se reproduisent plus. C’est la pièce maîtresse afin de garder notre sport sécuritaire.

Quoi d’autre pour votre service ? Quand vous aurez lu cet article et que vous irez regarder les photos prises à Dubai, vous y verrez certains de nos athlètes. Sachez que 5$ de votre cotisation vont dans un compte bancaire qui génère des intérêts. Ceux-ci servent à donner une aide financière à nos athlètes nationaux pour participer aux championnats du monde. Beaucoup de gens prétendront que cet argent ne va pas directement à ces athlètes. Dites-moi que vous ne vous sentez pas fier quand vous êtes collé à l’écran où des équipes d’hommes ou de femmes jouent au hockey lors des jeux olympiques et ramènent chez nous des médailles d’or. Je me sens dans le même état d’esprit quand je regarde l’équipe Évolution finalement monter sur un podium aux championnats mondiaux de parachutisme (CMP) en 2014 et je suis sûre que beaucoup de Canadiens se sentent comme moi. Ces sourires valent bien 5$, sans mentionner votre contribution pour ces médailles.

Vous qui n’êtes pas des athlètes de classe internationale, qu’obtenez-vous ? Pour les dieux du ciel, les petits prodiges à 100 sauts et tous les autres parachutistes au Canada, votre argent sert aussi, à coup de milliers de dollars, aux fonds de développement de toutes sortes de projets. Je vous souhaite, dans votre carrière de parachutiste, de pouvoir directement en profiter. Avec l’aide du comité de Développement à Long Terme des Athlètes (DLTA), du comité des initiatives en parachutisme pour les femmes et du comité des Équipes Nationales et de Compétition (CÉNC), nous avons passé des années à soutenir financièrement des évènements de toutes sortes. Comme les cours de pilotage de voilure, les camps de développement d’habiletés, les ateliers reliés au parachutisme, les compétitions régionales en incluant l’évaluation faite par nos juges et toutes sortes d’autres occasions d’entraînement. Tout cela consolide la formation de nos parachutistes en leur donnant l’occasion de suivre un entraînement de haut niveau et de bâtir une expérience de compétition tout en s’amusant de façon sécuritaire.

J’espère que vous avez lu cet article en entier et que vous ne vous poserez plus la question : « Qu’est-ce que ça me donne ? » mais plutôt : « Qu’est-ce qui ne sert à rien dans tout cela ? ». L’ACPS est une association merveilleuse qui prend soin de ses sauteurs. Pour ceux parmi vous qui ont encore des doutes, veuillez nous en parler. Moi-même, les directeurs régionaux et les présidents de comité, et tous les autres bénévoles seront enchantés d’entendre vos doléances. Nous voulons tous améliorer l’ACPS mais nous ne pouvons le faire sans vos commentaires. La prochaine fois que vous vous demandez à quoi servent vos 89$ seulement pour vous permettre de sauter, pensez à cet article et souvenez-vous que l’ACPS vous offre bien plus que ça.